Emission : La philosophie
dans le miroir, par Serge Margel
Titre : Philosophie et politique : Lecture du Gorgias
de Platon
Invité : Wolfgang Wackernagel, docteur
en philosophie.
Dates : les samedi 20 janvier, 27 janvier, 3 février,
10 février et 17 février 2001.
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Platon (427?-347
av. J.-C.) a écrit principalement des dialogues, que l'on
classe le plus souvent par thème : comme sur le beau,
sur la vertu ou sur la science.
Le Gorgias a pour sujet "la rhétorique",
ou l'art de bien parler. Mais ce dialogue parle de bien d'autres
choses. Il tourne essentiellement autour de la question du politique,
ou plus exactement du rapport entre la philosophie et la politique.
Cette question reste d'actualité. L'importance de la parole,
du discours, de l'argumentation dans l'art de gouverner. Avec
Wolfgang Wackernagel, et durant cinq émissions, nous allons
lire ce texte en présentant les personnages du dialogue
: Socrate (470-399 av. J.-C.) d'un côté, Gorgias
(483-378 av. J.-C.) de l'autre et deux de ses disciples, Polos
et Calliclès. Chacun de ces personnages représente
une prise de position envers la rhétorique. Tandis que
Socrate la critique et l'accuse d'être une manière
de tromper, d'abuser d'autrui par de beaux discours, Gorgias
en fait l'éloge et pense qu'il y a là le plus grand
des arts que l'homme ait inventé. A partir de là,
Polos va revendiquer un opportunisme en politique et Calliclès
le droit de satisfaire tous ses désirs.
Samedi 20 janvier 2001: Dans cette première émission on présentera
les grands thèmes du dialogue, comme la rhétorique,
la politique, la question du pouvoir, les principaux systèmes
de gouvernement.
Samedi 27 janvier: Gorgias fait l'éloge de la rhétorique.
On essaiera de comprendre ce que signifie la rhétorique
pour Gorgias - c'est, dit-il le plus grand des arts que l'homme
ait inventé. Alors que pour Socrate, la rhétorique
est un art de tromper.
Samedi 3 février: Polos, disciple de Gorgias, va
utiliser les arguments de son maître pour défendre
une politique opportuniste. Selon lui, ce qui importe c'est de
ne jamais perdre la face, et c'est dans ce but qu'il va utiliser
la rhétorique.
Samedi 10 février: Calliclès va pousser
cette logique opportuniste jusqu'à l'abandon des apparences.
Ce qui compte pour lui, c'est de toujours choisir le camp du
plus fort. Son attitude réduit les arguments de Gorgias
à l'absurde.
Samedi 17 février: Le mythe final de ce dialogue
constitue la partie proprement platonicienne de l'oeuvre. Platon
cherche à convaincre ses interlocuteurs de la nécessité
d'une véritable 'conversion' à la philosophie,
pour rejoindre l'île des bienheureux.
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